Partir à la retraite, c’est mourir un peu

Écrit par : Elmostafa Lekhiar

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Apres vingt- deux ans de bons et loyaux services, le hasard voulut que la date de ma mise à la retraite coïncide avec un premier civil, et là je reçus le plus gros poisson d’avril de ma vie. Personne ne se rendit compte que je partais à la retraite. Je ne m’attendais pas au tapis rouge, mais à un minimum au lieu de l’anonymat le plus total.  

22 ans, 6000 jours, plus de 52000 heures, au service d’une honorable institution, étaient passés inaperçus.

C’est comme si je n’avais jamais exister. Ni la direction des ressources humaines qui doit veiller et protéger son capital humain, cette direction qui détient nos dossiers avec toutes les solutions et tous les secrets, ni le social qui n’a de social que le nom, ni mon directeur, ni mon PDG ne se rendent compte de mon départ. Je me suis demandé s’ils s’étaient rendu compte de ma présence au cours de toutes ces longues années. Où alors, sommes-nous simplement des robots ou autre chose qu’on regarde avec indifférence ?

Il me semblait que j’étais à mon poste où tout le monde venait se documenter, demandait mes services. Et, du jour au lendemain, je disparais dans la nature et cela me rappelle la belle chanson de BREL «  au suivant » mes chers anciens collègues. Qui sera le suivant ?

Je me souviendrais toujours de ce 31 mars 2017, le jour où je quittai sur la pointe des pieds ce travail où j’avais passé vingt-deux ans de ma vie avec amour et dévouement, mais dans lequel je n’étais rien de plus qu’un matricule sans aucune importance, un numéro qu’on manipule et qu’on jette. J’espère que les services intéressés, à l’heure où tout marche avec des techniques de pointe, feront quelque chose de plus humain et de plus touchant. Ne serait ce qu’un petit remerciement. Quant au soi-disant cadeau que l’institution offre, il faut le demander et le réclamer à plusieurs reprises, sinon vous n’obtenez jamais rien. D’ailleurs, le mot « cadeau » peut-il s’appliquer à quelque chose que l’on demande ? 

 

Le constat est déplorable. Il faut que les choses changent.