Les Ferrachas font main basse sur El Jadida devant une siba qui sonne comme un aveu d’impuissance

Écrit par: Hadj Abdelmajid Nejdi et Elmostafa Lekhiar

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À El Jadida, presque tous les trottoirs, espaces pour piétons, chaussées sont squattés par les Ferrachas ou sont encombrés par les tables et chaises des cafés, des voitures ou carrément annexés comme s’ils faisaient partie de la propriété privée de ceux qui les ont annexés. Les habitants, les commerçants et les propriétaires des magasins de la ville ne cessent de se plaindre à qui veut les entendre.

Grouillante d'activité, la chaussée est devenue le souk le plus impopulaire de toute la ville. Un mélange pittoresque de commerçants et de vendeurs à même le sol offrant «l'affaire du jour» ou encore un bric-à-brac d'objets hétéroclites neufs ou vieillots, de la friperie et de différents produits de contrebande, des légumes, des poissons sans aucun respect des normes sanitaires. Il ne s'agit pas d'un signe de prospérité. C'est beaucoup plus une tacite volonté de certains de tenter de désactiver localement une vie économique paralysée ces derniers mois par une baisse constante du pouvoir d'achat. Beaucoup de «Ferrachas» occupent la voie publique tout au long de l'avenue Zerktouni ainsi que les places Allal El Kasmi et El Hansali et même en plein centre-ville. Jour après jour, on assiste à l'infection de cette plaie béante de l'environnement d'El Jadida. Pratiquement, aucun espace n'est épargné par ce fléau social qui en dit long sur la gestion locale de la ville.

Pagaille et anarchie totale

Cette situation a aggravé davantage l'aspect de la sécurité des personnes. On assiste également à des «guerres de territoire» entre des gangs d'une autre ère. Et si, par malheur, on réclame un stationnement autorisé dans ces quartiers conquis, on n'est pas sûr de retourner indemne chez soi. Une virée du côté de la place El Hansali, Allal El Kasmi, Zerktouni, Essafaa, El Barkaoui, Saâda, Lalla Zahra, Essalam doit être un parcours pédestre. Utiliser un véhicule relève du suicide. Les habitants et les propriétaires des magasins de ces quartiers ne cessent de se plaindre à qui veut les entendre, bruits et bagarre durant la journée. Le tapage nocturne est un autre mal auquel on ne voudrait pas, semble-t-il, trouver une solution. Ça et là, les chansons du chaâbi, raï, rap, les chebs et les chebbates font crever les tampons. Des chansons qui, également, assourdissent les appels à l'aide matérielle et financière des mendiants qui, par dizaines, occupent les trottoirs et les abords de magasins, boulangeries, boucheries… Rencontré au marché Allal El Kasmi, Mourad, un fonctionnaire, admet que «les gens sont las des promesses des pouvoirs publics qui se sont à maintes reprises engagés à mettre fin à cette anarchie et à cette pagaille. Rien ne bouge et les responsables semblent incapables de rendre à cette ville son calme. Allez voir par exemple comment sont squattés jour et nuit tous les coins de la perception Hansali, bâtie en 1925 et qui est un trésor architectural !».

D'autre part, il faut signaler que presque tous les trottoirs, parcs et espaces pour piétons sont encombrés par les tables et chaises des cafés, des voitures, ou carrément annexés comme s'ils faisaient partie de la propriété privée de ceux qui les ont annexés. Pis encore, «certains particuliers» et certains responsables ne se gênent plus pour faire main basse sur le domaine public et occuper abusivement les trottoirs en principe réservés aux piétons, surtout dans les boulevards Mohammed VI et Mohammed V, la place El Hansali, l'avenue Zerktouni… C'est l'anarchie totale. N'est-il pas temps pour les services concernés et surtout les autorités provinciales et locales de mettre fin à cette «siba» ?

Ne sait-on pas que cet encombrement de l'espace urbain constitue une vraie menace pour la sécurité des biens et des personnes et pour la libre circulation sur la voie publique et les trottoirs ? Nous sommes tous conscients que ces marchands ambulants et ces «Ferrachas», qui sont généralement des jeunes, n'ont pas d'autre alternative que de pratiquer cette activité pour faire face au chômage et survivre. Ils sont une catégorie sociale qui a le droit de vivre en paix. Mais cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas prendre les mesures nécessaires pour résoudre pertinemment ce problème épineux. Il faut établir des statistiques précises sur le nombre exact de ces marchands ambulants et ces «Ferrachas» d'origine jdidie pour les transférer dans lieu aménagé afin d'arrêter l'afflux ininterrompu de marchands qui viennent des villes avoisinantes.

Il faut aussi imposer des règles très rigoureuses et très sévères d'étalage pour libérer ces trottoirs squattés par ces boutiquiers et ces cafetiers. Il est donc temps de trouver des solutions adéquates et d'appliquer la loi si on veut soigner la qualité de la vie à El Jadida...

Lutte contre la gangrène  et « tapage médiatique »

À maintes reprises, les autorités font semblant de lutter contre cette gangrène sous les feux des flashs de certaine soi-disant presse chouchoutée et entourée de favoritisme. Malheureusement, ce n’est en réalité que du cinéma car de temps en temps, soit ;  ils avancent que ces Ferrachas ou ces squatteurs de trottoirs ou de chaussées ont des autorisations en bonne et due forme, soit, elles font un tour de « tapage médiatique » mené par certains sites électroniques chouchoutés par les responsables tandis qu’on applique la politique de « deux poids, deus mesures »! Par conséquent, les commerçants ont ras-le-bol vu le laxisme, le favoritisme et l’inaction des autorités à trouver des solutions définitives.

C’est vrai que les Ferrachas ont imposé leur diktat grâce au « bakchich », mais les commerçants eux aussi ont participé soit directement ou indirectement dans la propagation du phénomène du commerce informel. Avez-vous vu ce que font certains commerçants de la place El Hansali la nuit ? On se croirait qu’on est dans le souk rural Ouled Bouâziz…

N’est-il pas temps pour les services concernés et surtout les autorités provinciales et locales de mettre fin à cette « siba » (anarchie)? Mais en fait, savez-vous où on peut trouver Sa Sainteté le Maire de la ville ? Ne doit-il pas agir ? Et les autorités provinciales et locales, ne sont-elles pas responsables ? Sinon, comment expliquer qu’on ferme l’œil sur ces magasins qui ont squatté l’espace public juste en face de l’immeuble Cohen ? Comment expliquer qu’on a autorisé illégalement à ce propriétaire d’immeuble qui a squatté une grande partie de la rue Ben Dagha pour l’exploiter comme parking privé cloisonné par une chaîne en fer avec une niche de chien?

Une siba qui sonne comme un aveu d’impuissance

Messieurs les responsables ; messieurs les gérants de la ville, vous devez imposer des règles très rigoureuses et très sévères d’étalage pour libérer ces chaussées et ces trottoirs squattés par ces Ferrachas, ces boutiquiers et ces cafetiers. Il est donc temps de trouver des solutions adéquates et d’appliquer la loi si on veut soigner la qualité de vie à El Jadida. Car cette siba sonne comme un aveu d’impuissance des pouvoirs publics ou comme politique de « je-m’en-foutisme».

Des immondices à perte de vue vers 23 h

Vers 23 heures, les commerçants, vendeurs à la sauvette et consommateurs désertent les lieux, laissant des tonnes de déchets, ordures et immondices un peu partout dans la ville d'El Jadida, chef-lieu des Doukkala. Un petit tour à cette heure, le long des boulevards et de certaines rues perpendiculaires, fait découvrir un état des lieux des plus lamentables avec la multitude d'immondices laissées à même le sol. Et c'est aux pauvres agents du service de nettoyer ces rues «privatisées» par des commerçants qui ne contribuent nullement à la gestion de la cité. Une image de désolation et une atteinte à l'environnement qui ne semblent pas inquiéter outre mesure.