Quatrième visite de l’Association Casa Accueil

au gîte des fauconniers Lekouassems

Décidément, la terre des Doukkala et plus précisément Douar Smâala d’Ouled Frej n’arrête pas de confirmer son identité en tant que haut lieu de pèlerinage aussi bien pour les professionnels de la fauconnerie issus des pays les plus lointains que pour les touristes et visiteurs de proximité, en quête d’exotisme et de moments de détentes dans cet arrière pays de la Province d’El Jadida où les nouveaux souffles de la modernité n’arrivent toujours pas à fissurer les remparts des traditions ancestrales qui continuent à régner en maîtres absolus dans cette zone dont les traditions locales semblent  s’être figées dans le temps.

Ce douar qui était anonyme pas plus que quelques années plus tôt, tend à devenir aujourd’hui  une référence des plus crédibles en matière de sauvegarde et de développement  de son plus précieux héritage, plus connu sous le nom de la fauconnerie. Un trésor légué par les anciens et qu’on croyait enseveli à jamais mais qui refait  miraculeusement surface en s’accaparant les devant de la scène tout en suscitant l’intérêt des instances les plus haut placées.

Aussi bien que le festival qui lui est dédié et qui est aujourd’hui à sa troisième édition et qui ne  fait que couronner un long travail de fond  et une forte conviction des hommes qui ont défendu sa cause, la fauconnerie Lekoussem d’Ouled Frej ne cesse d’élargir le champ de ses amis, si bien que les visites au gîte de ces fauconniers se relayent et se diversifient tout au long de l’année avec comme seul objectif, mieux connaitre les hommes de cette tribu  dont la renommée a transcendé l’espace et le temps.

Dimanche dernier, nos amis de l’Association Casa Accueil qui sont à leur quatrième visite au gîte des fauconniers n’ont pas dérogé à la règle de leur rituel en s’amenant en masse dans un long cortège de voitures qui peut apparaître  comme insolite dans cette contrée où la seule musique de fond, se résume au bruissement du vent qui taquine le feuillage des multiples arbres fruitiers, aux cris d’alertes des différentes espèces de volailles qui appellent leur progéniture à l’ordre ou encore aux battements d’ailes des faucons bien accrochés à leurs perchoirs dans l’attente d’exhiber leurs prouesses à l’honneur de ces invités de marque  tombés depuis un certain temps sous le charme de ce patrimoine humain vivant.

Comme d’habitude, la rencontre a été cordiale, instructive pour les uns comme pour les autres et surtout très récréative pour les enfants qui ont oublié leur fatigue de voyage pour se donner à cœur joie à leurs distractions légitimes et s’abreuver du grand air en se convertissant en petits prospecteurs avides de s’intéresser à la moindre curiosité locale qui meuble généralement l’imaginaire des générations de leur âge.

C’est sous l’ombre d’un gigantesque  mûrier chargé de fruits  que les visiteurs ont eu droit aux différentes explications relatifs à l’univers de la fauconnerie. Le Président, de l’Association des Fauconniers, Mohamed El Ghazouani, faucon au point leur a offert un large tour d’horizon ayant trait à  l’ origine  controversée de son histoire, aux spécificités de ses techniques de capture, d’affaitage et de chasse, et surtout à la singularité de cette zone dans la conservation de cet héritage séculaire. Les invités ont également dégusté avec volupté les petits mets du terroir constitués de crêpes et petits gâteaux  cuits sur place et accompagnés d’un verre de thé tout chaud.

Le spectacle final représenté par des démonstrations de chasse au faucon n’a jamais manqué d’effet spectaculaire. Le faucon qui est lâché à l’air libre fait ses premiers tours d’honneur  presque au raz de la tête de ses admirateurs avant d’élargir le cercle de ses voltiges en prenant de plus en plus de la hauteur,  comme pour prouver à qui veut le savoir qu’il est libre et bien  en mesure de humer à son aise l’air pur de ces confins des Doukkala tout en chevauchant allégrement les courants tempérés sur fond d’un ciel bleu azuré. La discipline veut que malgré tous ses caprices qui peuvent l’éloigner le plus loin possible de son maître, le faucon reste toujours très attentif aux signes convenus avec lui et n’hésite pas à procéder au piquet le plus fulgurants  dés son premier appel.

Après les photos souvenirs et les échanges de bons procédés de rigueur ,cette journée presque intime  où se sont tissées des connaissances et des liens d’amitiés dont seuls les contacts humains directs et les respects mutuels  savent en tracer les contours, s’est clôturée  sous le signe de la satisfaction de tout le monde avec la promesse d’un futur retour… Un prochain pèlerinage en terre de fauconnerie.