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Catégorie : Région
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Après le « mur de la frustration » qui a clôturé les cabines de la plage, un autre « mur de la honte »

du littoral Sidi Daoui défraie la chronique

Écrit par : Hadj Abdelmajid Nejdi et Elmostafa Lekhiar

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce n'est même plus de l'indélicatesse. La commune urbaine d’El Jadida entreprend depuis quelques jours la destruction de l’ancien soi-disant muret de protection tout au long de l’avenue Annasr pour construire un nouveau mur plus haut empêchant ainsi les habitants de pouvoir apercevoir le bord de mer sans gêne .

Ironie du sort, après le « mur de la frustration » qui a clôturé les cabines de la plage, un autre « mur de la honte » du littoral Sidi Daoui va défrayer la chronique à El Jadida. Du béton, encore du béton alors qu’on pouvait avant contempler les bateaux, au large, et profiter du vent de la mer quand on étouffe en ville. Il ne reste aux élus qu’à poser  une  plaque symbolique portant l'inscription « Ici destruction de patrimoine ».

Depuis toujours, El Jadida a été une belle ville, conviviale et bien vivante. Aujourd’hui, le constat  n’est malheureusement plus le même. El Jadida commence réellement à vieillir. La reine des plages semble fatiguée et surtout bien triste. La cause ? Elle a été trahie par les élus.  La preuve ?

Il suffit seulement de faire un tour en ville et s’arrêter sur l’état des lieux pour  constater la gravité de la situation.

Après les cabines de la plage qui ont été murées, aujourd’hui c’est le tour d’un muret-rampe  de la corniche Sidi Daoui qui a été démoli pour être remplacer d’une manière défectueuse par  un autre mur plus haut et le tour est joué ! Ainsi, le paysage marin est esquinté et le regard à l’horizon du grand bleu est stoppé net par un « mur de la honte » enlaidissant par la même occasion les lieux. Est-ce  pour cacher les immondices ? Il y’en aura de plus en plus.

Se promener tout au long de l’avenue Annasr (corniche Sidi Daoui) était un plaisir des yeux. Aujourd’hui, on circule en voiture sans rien voir. Par conséquent, les citoyens se trouvent privés de leur bien naturel.

Peu importe les raisons de ce mur reconstruit, El Jadida a besoin- et c’est son droit- d’en finir avec le mauvais spectacle ; cette pollution visuelle.

Les citoyens sont choqués par cet acte barbare par lequel on s’acharne rageusement sur le patrimoine de la ville au su et au vu d’une « El Jadida » indignée. L’anarchie totale semble caractérisée cette opération injustifiée. Elle nourrit les discussions spontanées des citoyens qui sont en colère envers les élus qui sont réfractaires, hostiles à toutes  formes de concertation et d’implication de la société civile et surtout  des associations dans les affaires locales. Ainsi, le citoyen Jdidi est mis à l’écart de toute réalité politique  et subit des choix et des discussions sans avoir le droit à la parole. Pis encore, selon les affirmations des membres de l’instance consultative, ils n’ont pas été avisés de cette décision et n’ont pas été mis au courant. Seul le conseil municipal est dans le secret de la chose.

Messieurs les élus, la municipalité d’El Jadida doit procéder à des aménagements d’un grand projet global, dans le cadre d’une politique de reconquête du front de mer. De Deauville-plage en passant par le vieux port à l’avenue Annasr, par des réalisations de grande envergure afin qu’El Jadida se tourne un peu plus vers la mer. L’objectif majeur étant d’améliorer le cadre de vie des habitants par la requalification et la création d’espaces publics de qualité, en restituant ces côtes, ces plages, cet océan aux habitants d’El Jadida et aux visiteurs. Et au lieu de dégrader de plus en  plus le paysage, déjà souillé. On doit se rendre compte que l’objectif  primordial du conseil municipal est de rendre aux Jdidis un espace littoral plus attrayant et un cadre idyllique en front de mer, intégrant plusieurs activités de sport, avec un espace de jeux pour les enfants, un espace de loisirs confortable, ludique et convivial et un parcours de sentiers offrant un large plateau de promenade en bord de mer.

Pour conclure, disons que ce « mur de la honte » des cabines de la plage et ce « mur de la frustration » de l’avenue Annasr  doivent susciter une mobilisation très importante de la part de tous les Jdidis. Car il ne reste qu’une pression populaire qui peut  déboucher sur l’intervention des autorités pour  la suspension de ces projets de la défiguration de la ville. 

Sinon, au-delà de ces « murs » vont se cacher d’autres murs. Nous invitons donc les autorités compétentes à agir dans le bon sens.